La fibre de cannabis, voie d’avenir du Rif marocain

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était cultivé légalement et contrôlé dans cette région jusqu’à l’indépendance du pays, en 1956, ses propriétés psychotropes modestes n’étaient pas considérées comme un inconvénient. Mais l’adoption de lois internationales, avec la signature par le Maroc de la Convention unique des Nations unies sur les stupéfiants en 1961, a contribué à rendre illégale cette culture traditionnelle. L’essor d’une économie souterraine n’a eu que des effets indésirables sur le développement de la région et a provoqué une situation de désintégration politique et sociale.

 

Les tentatives du gouvernement du royaume marocain pour y remédier, depuis l’an 2000, n’ont pas donné de résultats satisfaisants, notamment parce qu’on n’a guère fait appel aux experts nationaux et internationaux qui connaissent de très près la région, la tribu rifaine Sanhadja de Srayr, son mode de vie et son patrimoine culturel. Or, le potentiel naturel de cette région du Rif est bien réel et son architecture rurale est une composante essentielle de son attractivité, notamment comme cadre des festivités berbères traditionnelles.

Et si le chanvre, qui a contribué à spécialiser et déliter l’économie locale après son interdiction, était une partie de la solution ?

La rénovation énergétique contribue à limiter la déforestation 

Partons de l’habitat. Le Haut-Rif central est marqué par un patrimoine vernaculaire associé à un mode de vie agropastoral qui inclut la sylviculture et, depuis des siècles, la culture du chanvre. La plupart des maisons présentent une architecture évolutive d’un ou deux étages, organisée autour d’un patio. En réponse à la topographie du terrain, les espaces habitables des bâtiments sont souvent organisés en terrasses, multifonctionnels et adaptés à la vie rurale quotidienne. On y retrouve des matériaux naturels locaux, comme l’ardoise et la pierre de quartz sableuse, ainsi que des mortiers et des bétons agglomérés d’argiles locaux. A cela s’ajoutent du bois issu des forêts de cèdres voisines et diverses matières végétales autochtones ou cultivées, comme la paille de seigle utilisée dans les toitures. Dans certains cas, des tiges de la variété locale de chanvre beldiya remplissent les interstices de la structure en bois.

 

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