Comment soulager le glaucome avec du cannabis

Plusieurs études ont démontré la capacité du cannabis à améliorer les symptômes du glaucome, mais des doutes persistent quant à son efficacité et sa constance chez les populations de patients. Malgré cela, de nombreux patients utilisent le cannabis médicinal pour soigner leur glaucome et signalent des améliorations subjectives de divers symptômes.

Plusieurs études ont démontré la capacité du cannabis à améliorer les symptômes du glaucome, mais des doutes persistent quant à son efficacité et sa constance chez les populations de patients. Malgré cela, de nombreux patients utilisent le cannabis médicinal pour soigner leur glaucome et signalent des améliorations subjectives de divers symptômes.

Réduit la pression intraoculaire

L’augmentation de la pression intraoculaire (hypertension oculaire) représente le facteur de risque dans la majorité des cas de glaucome, bien qu’elle soit inexistante dans certaines populations chez près de 50 % des personnes souffrant de glaucome à angle ouvert (GAO), le type le plus courant rencontré dans près de 90 % des cas. La pression intraoculaire est déterminée par la production d’humeur aqueuse dans l’œil combinée au taux de drainage de l’humeur aqueuse via le trabéculum cornéoscléral, un tissu spongieux situé à la base de la cornée. Une pression intraoculaire constamment élevée peut entraîner une lésion progressive du nerf optique et des cellules ganglionnaires rétiniennes contenant les photorécepteurs sensibles à la lumière. Si la lésion est suffisamment grave, elle peut entraîner une cécité totale.

Glaucoma-1Le glaucome est une maladie courante qui touche l’œil et dont la fréquence augmente avec l’âge (© 0olong).
Au poste qu’il a occupé pendant plusieurs décennies à l’Université des Indes occidentales, le professeur Manley West, pharmacologue respecté, a mené avec le Dr. Albert Lockhart, éminent ophtalmologiste, des recherches capitales sur le cannabis utilisé comme traitement potentiel du glaucome. À l’issue de leurs travaux, qui ont débuté en 1964 et qui exploraient l’utilisation traditionnelle du cannabis dans les communautés jamaïcaines, ils ont mis au point des gouttes oculaires à base de cannabis et ont obtenu en 1987 l’autorisation de commercialiser leur produit appelé Canasol en Jamaïque. Le professeur West est malheureusement décédé en 2012. Il manquera beaucoup à la communauté dédiée au cannabis médicinal en Jamaïque et au-delà.

Le Canasol a démontré son efficacité à réduire la pression intraoculaire et a également prouvé qu’il pouvait accentuer l’efficacité d’autres médicaments largement utilisés pour traiter le glaucome, comme par exemple le Timolol. Récemment, un nouveau médicament amélioré a été développé par la même équipe de recherche ; ce médicament est appelé Cantimol et contient du Canasol et du Timolol, mais sa commercialisation n’a pas encore été autorisée. Le Canasol ne contient aucun cannabinoïde psychoactif et a été largement prescrit par les médecins aux États-Unis et au Canada ; il a apparemment été utilisé par des patients au Royaume-Uni et en Australie également, bien qu’il n’ait pas fait l’objet d’une autorisation de commercialisation ni d’une jurisprudence concernant son utilisation.

Myotique

On observe souvent chez les patients souffrant de glaucome un phénomène appelé mydriase, dans lequel les pupilles se dilatent. En fait, on pense qu’une mydriase extrême peut être à l’origine du gonflement caractéristique de l’iris lors des attaques de glaucome à angle fermé (pour que la pupille se dilate, le tissu musculaire de l’iris, appelé muscle dilatateur de la pupille, doit se contracter). Lorsque le tissu musculaire se contracte, il gonfle et, dans des cas extrêmes, ce tissu qui gonfle peut s’étendre dans la chambre antérieure (l’espace rempli de liquide entre l’iris et la cornée) et appuyer contre la cornée, empêchant totalement l’écoulement de l’humeur aqueuse via la chambre antérieure et dans le trabéculum cornéoscléral.

Le phénomène opposé de la mydriase s’appelle la myose (à ne pas confondre avec la forme de division cellulaire appelée méiose). Les médicaments myotiques sont très utiles dans le traitement du glaucome — pas seulement pour le GAF — la contraction de la pupille permettant un drainage accru de l’humeur aqueuse dans le trabéculum cornéoscléral. Le cannabis a démontré qu’il possédait des propriétés myotiques à diverses occasions, notamment dans un cas notable d’empoisonnement aigu apparent au cannabis chez un bébé de 20 mois.

Analgésique

Glaucoma-2Le glaucome aigu peut entraîner une rapide perte de vision en raison du blocage total des canaux de drainage des fluides (© Community Eye Health).
Alors que la majorité des cas de glaucome sont indolores, la forme plus rare de la maladie (appelée glaucome à angle fermé ou GAF) est caractérisée par de vives douleurs au niveau du globe oculaire et une rapide perte de vision qui peut devenir permanente sans intervention médicale. Le glaucome à angle fermé se distingue de la forme la plus fréquente dans le sens où il produit des symptômes aigus plutôt que des symptômes chroniques (et généralement indolores). Une attaque de GAF est considérée comme une urgence médicale et résulte d’un blocage total du trabéculum cornéoscléral (au lieu d’une incapacité progressive à drainer l’humeur aqueuse, comme avec le GAO), dû à un gonflement soudain de l’iris.

Bien que le cannabis n’ait pas été spécifiquement testé comme analgésique dans les cas de glaucome, son efficacité à large spectre comme analgésique, régulateur d’humeur et décontractant musculaire, peut offrir un soulagement subjectif aux personnes souffrant d’attaques aiguës de glaucome à angle fermé.

Anti-inflammatoire

Sur la base d’études récentes, des professionnels de la médecine commencent à suspecter qu’une inflammation modérée et persistante du trabéculum cornéoscléral peut jouer un rôle important dans la forme chronique et progressive du glaucome, le GAO. En outre, un autre type de glaucome souvent rencontré chez les patients souffrant d’uvéite (inflammation de l’uvée, la zone de l’œil contenant l’iris et le corps ciliaire) est appelé glaucome inflammatoire car il a été démontré qu’une inflammation du trabéculum cornéoscléral en était la cause. Dans la plupart des cas, le glaucome inflammatoire ressemble au GAO, mais survient généralement à la suite d’une uvéite.

L’efficacité du cannabis comme anti-inflammatoire n’est plus à démontrer dans différentes affections, bien qu’aucune étude formelle n’ait été menée sur le potentiel du cannabis à réduire l’inflammation liée au glaucome. En comprenant mieux le rôle que l’inflammation joue dans la progression de la maladie, on peut également montrer que le cannabis apporte un soulagement aux patients souffrant de glaucome grâce à ses propriétés anti-inflammatoires.

Antinauséeux/antiémétique

Les attaques de glaucome à angle fermé s’accompagnent souvent de symptômes secondaires tels que nausées et vomissements, qui résultent d’un phénomène appelé réflexe oculoémétique. Plusieurs études ont montré un lien entre chirurgie ophtalmique et vomissements post-opératoires (notamment la chirurgie du strabisme, qui entraîne des vomissements chez 41 % des patients), ce qui a mis en exergue l’existence possible du réflexe oculoémétique.

Ce schéma illustre le mouvement normal de l’humeur aqueuse hors de l’œil (© National Eye Institute).Ce schéma illustre le mouvement normal de l’humeur aqueuse hors de l’œil (© National Eye Institute).
On pense que la stimulation négative (douloureuse ou désagréable) des nerfs optiques qui entourent l’œil envoie des signaux à l’area postrema du bulbe rachidien, la partie du cerveau qui est connue pour contrôler le vomissement. Le cerveau envoie alors des signaux au tractus gastro-intestinal via le nerf vague (un élément essentiel du système nerveux parasympathique qui contrôle les fonctions cardiaques et gastro-intestinales), qui à son tour entraîne le réflexe de vomissement en stimulant le rétropéristaltisme (mouvement du bas vers le haut du contenu du tractus gastro-intestinal).

On ignore le rôle précis que le système endocannabinoïde joue dans la régulation des vomissements, mais il a été démontré que les agonistes de récepteurs de cannabinoïdes tels que le THC semblent supprimer directement les vomissements et nausées en agonisant le récepteur CB1, alors que les antagonistes de récepteurs CB tels que le CBD sont neutres et que ce sont en réalité les agonistes inverses qui provoquent les nausées.

Auteur de l’article : Schaka

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