Les mauvaises croyances et conseils sur la culture du cannabis

Internet étant à présent disponible dans la majorité des foyers, tout le monde peut avoir accès à l’information nécessaire pour apprendre à cultiver du cannabis à domicile. N’importe qui peut trouver, en quelques clics, la façon de récolter les plantes ou de combattre une attaque de thrips, que ce soit grâce à des blogs comme le notre, mais encore avec des vidéos et tutoriels disponibles sur youtube ou autres canaux de diffusion.

A l’époque pré-internet, il était souvent essentiel d’expérimenter par soi-même afin de découvrir de nouvelles techniques de culture, au risque de devoir s’en remettre uniquement aux conseils d’un camarade cultivateur, nous assurant que chez lui, au moins, ça fonctionne. Bien souvent ces conseils ne reposent sur aucun fait scientifiquement prouvé, malgré cela certaines légendes perdurent et certains cultivateurs débutants peuvent encore avoir du mal à différencier les bons conseils des recommandations fallacieuses.

Une tête de cannabis bien résineuse

Une tête de cannabis bien résineuse

Nous vous proposons dans cet article des légendes urbaines inutiles ou qui peuvent mettre en péril votre récolte, mais également certains conseils plus ou moins vérifiés, pas tout à fait exacts, et qui trouveront bien souvent des alternatives plus simples et plus efficaces.

Ébouillanter les racines pour faire monter la sève, et faire sécher la plante avec les racines.

Lors de la récolte, certains cultivateurs conseillent d’ébouillanter les racines de la plante après la coupe afin de faire monter la sève et donc, selon eux, d’augmenter l’effet psychoactif des fleurs récoltées. Ils préconisent dans le même temps et pour les mêmes raisons, de placer pour le séchage les plantes de cannabis avec les racines.

Tout d’abord, il convient de rappeler que la « sève » de la plante de cannabis ne contient pas de THC, ni d’autres cannabinoïdes, et n’a donc aucune influence sur la puissance psychoactive de la récolte. Il est donc complètement inutile d’ébouillanter les racines des plantes et il convient de les retirer pour effectuer le séchage correctement au risque de couvrir les fleurs de terre et de voir apparaître des problèmes de moisissures.

Au moment de la récolte, il suffit de couper la plante au niveau du tronc. Rappelons que la récolte peut se faire par étape, c’est-à-dire qu’il est possible de couper certaines branches de la plante et de les mettre à sécher, en attendant que le reste de la plante mûrisse davantage.

Pour le séchage, les cultivateurs placent en général les plantes tête en bas, pour une question de facilité. Les têtes restent ainsi bien rondes et sont protégées par les petites feuilles restantes qui recouvrent les têtes afin de permettre un séchage plus progressif, tout en fournissant également une protection contre les chocs et la poussière.

Retirer les feuilles pour améliorer la pénétration lumineuse.

Il s’agit de l’une des croyances les plus répandues, que ce soit pour la culture en intérieur ou pour la culture en extérieur. Certains cultivateurs retirent les feuilles de leurs plantes pour faire pénétrer davantage de lumière sur les têtes afin d’optimiser la récolte et la production de résine.

Il est important de rappeler que les feuilles sont essentielles à la photosynthèse qui permet à la plante d’absorber l’énergie lumineuse du soleil ainsi que le gaz carbonique. En comparaison avec la surface d’une feuille, le fait que la lumière « tape » directement sur les têtes de cannabis n’a donc pas d’importance, l’essentiel étant que la plante puisse se nourrir à travers ses racines et son feuillage.

Attention, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas utile de palisser les plantes de cannabis. En permettant à la lumière de pénétrer davantage dans la plante, les branches secondaires peuvent pousser plus vigoureusement et dans ce cas la production finale devrait effectivement être plus importante.

Nous pouvons également ajouter qu’il existe des exceptions, notamment si les feuilles sont abîmées ou même lors de l’application de certaines techniques de culture, comme le SCROG durant lequel il faudra retirer les feuilles et branches des parties basses.

Une culture saine avec de jolies feuilles

Une culture saine avec de jolies feuilles

Laisser une période de noir en fin de floraison pour augmenter l’effet psychoactif des plantes.

Il s’agit ici d’une technique appliquée par de nombreux cultivateurs qui y trouvent une façon d’augmenter la production de résine. Une augmentation de résine qui pourrait faire penser à une augmentation du niveau de la puissance de la récolte en général, mais il n’en est rien. En effet, la quantité de résine visuellement observable sur la plante et la concentration des cannabinoïdes ne sont pas forcément liées.

La période de noir en fin de floraison ne permet pas donc pas d’avoir des têtes plus « puissantes ». Elle permet le développement de nouveaux trichomes, ce qui peut donner visuellement l’impression d’avoir des têtes plus concentrées en cannabinoïdes. Ces trichomes n’auront cependant pas le temps de mûrir et de se concentrer en principes actifs, ils ne proposeront donc pas les propriétés que l’on peut attendre de la part de trichomes  matures riches en cannabinoïdes. Cette période de noir permettra par contre une économie d’énergie d’une dizaine de jours, c’est incontestable, même si cela peut paraître négligeable en comparaison des 3 ou 4 mois que représente une culture complète.

Si le cultivateur décide d’appliquer une période de noir, il faudra qu’il soit très attentif au niveau d’humidité dans le jardin afin de préserver les fleurs d’éventuelles apparitions de moisissures.

Utiliser une pomme pour accélérer la maturation des têtes

Les pommes, les poires, les prunes ou les bananes sont utilisées pour faire mûrir plus rapidement d’autres fruits ou légumes. Ce sont tous des fruits dégageant de l’éthylène, un gaz participant au processus de mûrissement des fruits et des légumes. Placer une pomme à proximité d’un kiwi accélère ainsi le mûrissement de ce dernier.

Certains cultivateurs ont donc pensé que placer une pomme au milieu d’un pot rempli de têtes de cannabis récoltées avant le moment optimum, accélérerait leur maturation. Évidemment, les têtes de cannabis ne sont pas des fruits sensibles à l’éthylène, et des buds coupés avant terme ne finiront pas de mûrir grâce à une pomme ou une poire dans le même bocal. Cela risque d’écraser les têtes, et surtout de faire moisir la récolte. Cette technique ne fonctionne pas non plus en ajoutant une pomme dans l’espace de culture.

Il n’y aura donc pas d’autres alternatives que d’attendre que les fleurs mûrissent naturellement pour pouvoir récolter les plantes qui seront mises à sécher comme il se doit.

Seule la patience pourra aider les têtes à mûrir plus vite.

Seule la patience pourra aider les têtes à mûrir plus vite.

Utiliser du papier d’aluminium dans une culture d’intérieur

Il s’agît d’un conseil revenant régulièrement sur internet, placer de l’aluminium pour la culture de cannabis en intérieur afin d’optimiser la réflexion de la lumière. Ce n’est pas complètement inutile puisque l’aluminium reflète tout de même 70-75% de lumière, mais sa tendance à se froisser le rend particulièrement peu efficace pour cette utilisation. Il est plus économique sur la durée de peindre les parois de l’armoire en blanc mat (85-93% de réflexion) ou d’utiliser de la toile mylar avec des indices de réflexion de 95%. Rappelez-vous qu’il n’est pas utile non plus de placer du mylar au sol, en effet la photosynthèse s’effectue par le dessus des feuilles et non par le dessous.

Arroser les plantes avec de l’ecstasy pour augmenter l’effet psychoactif du cannabis

Contrairement à ce que prétend le Dr Bernard Debré, les cultivateurs de cannabis n’ajoutent pas d’ecstasy dans les racines de leurs plantes pour que la récolte soit plus puissante. Nous sommes ici dans la fable prohibitionniste qui ne sert qu’à créer la confusion dans l’esprit du grand public. Il est bien sûr évident que la plante de cannabis n’est pas capable d’assimiler l’ecstasy ou une autre substance de ce genre par les racines, cette technique ne pourrait donc avoir aucune conséquence sur les têtes de la plante ni sur les effets ressentis lors de sa consommation.

On peut retrouver des variations de cette légende urbaine, qui mentionnent, par exemple, l’utilisation de buvards de LSD insérés dans le tronc des plantes de cannabis.

Arroser avec du sucre de table pour « sucrer » la saveur des têtes.

Certains cultivateurs ajoutent du sucre dans l’eau lors des derniers arrosages afin d’apporter à la récolte une saveur plus sucrée. La plante de cannabis n’est pas capable d’assimiler le sucre sous cette forme à cause de sa composition moléculaire (saccharose), cet apport ne pourra donc pas « sucrer » d’avantage le résultat de la récolte.

Apporter du sucre dans l’eau d’arrosage, idéalement sous forme de mélasse, stimule par contre la vie microbienne présente dans le sol. La mélasse est un mélange de sucres relativement assimilables et de minéraux. Cela aura donc effectivement des conséquences positives sur la santé générale de la plante, et donc sur la qualité de le récolte.

Quand la plante est naturellement saupoudrée de trichomes, pas besoin de rajouter du sucre pour avoir une récolte savoureuse !

Quand la plante est naturellement saupoudrée de trichomes, pas besoin de rajouter du sucre pour avoir une récolte savoureuse !

Il s’agit bien entendu d’une liste non exhaustive des différentes légendes urbaines qui peuvent se partager encore entre certains cultivateurs. Fiez-vous aux exemples concret de cultures, une petite dose de bon sens est également recommandée.

 

source:alchimiaweb.com

Auteur de l’article : Schaka

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